Une certaine idée du bonheur

 

Comme tous les matins, je me réveillai bercée par le doux chant des oiseaux. Ce fut comme à l’accoutumée, un réveil naturel. C’est-à-dire sans réveil. Oui vous avez bien lu : pas d’heure précise pour se lever le matin, pas de programmation la veille. Pas d’empressement à rentrer chez soi après une soirée avec les copains. C’est normal: je ne travaille pas, je suis sans emploi. Figurez-vous qu’il y a une différence entre travailler et être en activité. Différence que peu de personnes connaissent en ce monde.Nous verrons plus loin ce que travailler et avoir un emploi veut dire.

Vous pensez sans doute que c’est le début du chaos. Se réveiller ainsi, sans obligation, sans pression. Je suis le genre de personnes à glander toute la journée me direz-vous ? Et puis, comment je fais pour payer mes factures, pour manger, pour vivre quoi !?

Ne vous affolez pas. C’est juste une certaine idée du luxe que vous n’avez jamais vécue et que vous pensez même impossible à vivre.

Ne vous a-t-on jamais dit que la vie était difficile et qu’il fallait se lever pour aller travailler ? Pourtant je ne suis pas milliardaire et pas issue d’une famille aisée.

Moi, c’est Birdy. J’ai tout simplement une autre idée de la vie et je me suis levée de bonne heure- pardonnez le jeu de mots- pour la réaliser, pour la designer comme je la voyais.

Depuis cinq ans déjà, je suis libre de planifier mes journées et de faire ce que j’ai envie de faire. Et ce matin, j’ai tout simplement envie de faire ce que j’aime par dessus tout : concevoir des vêtements, dessiner. D’habitude, je prévois quelques rendez-vous dans la journée, quelques moments forts avec des gens que j’apprécie. On se rencontre dans un café pendant une heure et on échange sur nos projets. Quelque fois, je décide au cours de la journée d’aller me promener, faire le tour de la ville ou visiter l’expo du moment. Ensuite, je retourne à mes activités. Lorsque l’atmosphère de ma ville natale devient trop pesante, je décide sur un coup de tête de partir trois jours vers une destination inconnue. Tous ces moments me permettent d’attiser ma créativité, d’être en équilibre, de recharger mon esprit pour ensuite pondre des créations originales et uniques.

Mais ce jour-là, jour de notre récit, je n’ai pas envie de tout cela. J’ai juste envie de m’exprimer librement sur la feuille.

Ma vie n’a pas toujours été ainsi vous savez. À 35 ans maintenant, j’ai laissé derrière moi un passé professionnel que je ne regrette pas du tout. Pendant dix ans, j’ai été comptable dans une petite boîte de services à domicile. Je gagnais relativement bien ma vie à l’époque mais insuffisant pour me remplir de bonheur. C’’est une fois au fond du gouffre que j’ai eu une révélation puis décidai de prendre ma vie en main. J’étais passée à un fil de la fin. Troubles digestifs, troubles du sommeil, stress, dépression…Ça m’avait marqué ! Animée par un certain dégoût de la vie, dans le gouffre du burn-out, je m’étais promis de ne plus vivre contre ma nature profonde. Alors j’ai crée ma vie sur mesure.

Comment est-ce possible ? Me demandez-vous…

J’ai commencé par définir ma propre idée du bonheur, ma propre vision. Et lorsque j’imaginais le bonheur, je voyais en premier lieu : le luxe.

Vivre dans le luxe pour moi, c’est être libre d’être, d’avoir et de faire.

Libre d’être : je ne voulais pas me cantonner à exercer une seule et même profession toute ma vie. L’étiquette « comptable » ne devait en aucun cas m’habiter à 100 % et à jamais. Je ne pouvais me limiter à être une seule chose, à remplir une seule fonction. Mes talents sont pluriels, je suis polyvalente, aux potentiels multiples. Je refusais donc de n’être QUE ça. Je ne voulais pas non plus être telle que la société voulait que je sois ni être comme tout le monde. Rentrer dans le moule de peur qu’on ne me juge.

Liberté de faire : si j’avais envie de passer ma journée du mardi à intervenir bénévolement dans une association et passer mon jeudi à traire les vaches, je voulais être capable de le faire aussi. Sans avoir à demander l’autorisation à mon patron un mois à l’avance, sans me demander si mes activités ne m’empêcheront pas de payer mon loyer à la fin du mois.

Liberté d’avoir : j’avais envie d’avoir le choix. Que je décide de m’offrir une paire de chaussures à 5€ parce qu’elles sont trop craquantes ou que j’ai plutôt envie selon mon humeur du jour de m’offrir celles à 1000€…je voulais tout simplement avoir le choix. Avoir la possibilité de choisir et non prendre ce que je peux par défaut.

En sortant de l’hôpital, j’avais donc ainsi clairement défini ce que j’attendais désormais de la vie.

J’avais pour une fois dans ma vie, une vraie idée du bonheur, ma propre définition du luxe.

Mais ce ne fut pas de tout repos…

Cette vie, j’ai dû la créer en faisant des sacrifices et toujours avec détermination.

Ça a commencé ainsi…